Valeurs principes d’action

L’ambition de la Fédération Régionale MJC (FRMJC) Occitanie Pyrénées est de promouvoir le fait associatif, porteur de valeurs de l’éducation populaire, qui constitue une réponse concrète, active et réactualisée face à des enjeux sociaux et culturels qui se font jour.

Le fondement de ses valeurs prend ses racines dans une période d’après-guerre où la société française, après 1945, se devait de créer des espaces de formation citoyenne, d’ouverture culturelle et de solidarité humaine si elle voulait prétendre à une démocratie recouvrée, faite de femmes et d’hommes en pleine conscience collective pour l’investir et la développer.

Pour la FRMJC, il est donc essentiel :

  • Que les MJC soient clairement identifiées comme des acteurs associatifs engagés qui suscitent et soutiennent au quotidien des initiatives individuelles et collectives contribuant à la vie culturelle et à une dynamique sociale inclusive.
  • Que les MJC portent une attention toute particulière à la participation des adhérent.e.s et des populations locales dans leur projet associatif et dans leur fonctionnement démocratique.
  • Que les MJC proposent de nouveaux espaces de coopérations, d’innovations et d’expérimentations pour poursuivre ensemble des actions qui font sens dans les parcours des personnes et les territoires de vie.
  • Que les MJC s’affirment comme des lieux ouverts à tous, sans discrimination, respectueuses des convictions personnelles en s’interdisant toute attache avec un parti, un mouvement politique ou une confession. Elles respectent le pluralisme des idées et les principes de laïcité mis en avant dans les valeurs républicaines.

Les principes d’action qui guident la FRMJC dans son rôle et ses différentes missions s’inscrivent dans la cohérence des valeurs d’éducation populaire qu’elle défend : une horizontalité dans les relations, une action collective comme producteur de sens, un travail en réseau qui se construit ensemble, une dimension créative du réseau, de l’innovation et de l’expérimentation, une autonomie des MJC, la défense du fait associatif, un partenariat avec les collectivités locales, de nouveaux espaces pour plus de coopération, la référence à un cadre statutaire et une pédagogie de l’accompagnement.

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Les principes d'action de la Fédération régionale

Pour accompagner et valoriser l’implication citoyenne des MJC, pour intégrer et alimenter leurs énergies associatives dans un réseau ouvert et coopératif, pour accroître leur capacité à innover et à expérimenter, la Fédération régionale se fixe des principes d’action qu’elle s’attache à respecter. Chaque fois que nécessaire, elle n’hésite pas à les réinterroger en les faisant passer par le tamis de son projet politique et stratégique.

Avec l’intention de les formaliser sans ordre de priorité et d’aller à l’essentiel sans prétendre à l’exhaustivité, les principes d’action retenus par la Fédération régionale peuvent être énoncés de la façon suivante :

Une horizontalité dans les relations

Si les relations entre la Fédération régionale et les MJC (ou associations affiliées) ne doivent pas s’établir suivant un modèle descendant, elles exigent une connaissance mutuelle des rôles et des missions de chacun, une confiance réciproque entre les acteurs, une transparence des positionnements et des actions, une culture d’appartenance autour de valeurs et de projets fédérateurs ainsi qu’une connexion permanente pour mieux « être et agir » ensemble.

Une action collective comme producteur de sens

C’est dans l’action portée et mise en œuvre collectivement que l’on produit du sens partagé, que l’on s’enrichit mutuellement de la diversité des expériences et des engagements, que l’on précise des positionnements éducatifs et pédagogiques, que l’on réinterroge et développe de nouvelles pratiques. Tout cela fonctionne à condition de bien vouloir adopter une posture réflexive « dans et sur » l’action. La progression des acteurs, le chemin qu’ils ont emprunté pour atteindre leurs objectifs, le développement de leur engagement et de leurs compétences par l’expérience vécue importent tout autant, sinon plus, que des résultats quantifiés au regard d’exigences strictement institutionnelles.

Un travail en réseau qui se construit entre acteurs 

La mise en convergence et la recherche d’une harmonie entre plusieurs acteurs de MJC autour d’une action (ou d’un objectif commun), même quand on appartient à un réseau structuré qui partage les mêmes valeurs, sont rarement spontanées et ne vont pas de soi. Cette indispensable mise en synergie des acteurs n’est jamais définitivement acquise. Elle suppose au préalable que les acteurs concernés aient intégré le réseau, non comme une opportunité (un moyen supplémentaire pour atteindre des objectifs), mais bien comme une composante pleine et entière de leur projet associatif, de leur culture MJC, de leurs pratiques quotidiennes.

Si différentes formes de travail en réseau existent, en ayant chacune leur place et leur fonction, celles-ci doivent pouvoir s’entretenir et se développer … pour faire réseau ensemble.

Des nouveaux espaces pour plus de coopération

C’est en créant des espaces d’échanges et de concertation, en se dotant de conditions favorables pour une coopération active et efficace entre plusieurs MJC, qu’il devient alors possible d’envisager et de mettre en œuvre de nouvelles formes d’implication et d’engagement au sein des différents territoires de la région. La façon de concevoir ces espaces, que ce soit dans leur aménagement ou dans leur animation, est décisive dans les processus de mise en synergie qui sont recherchés.

Une dimension créative dans le travail en réseau

Si le travail en réseau recouvre de multiples fonctions très utiles pour les MJC et les fédérations, il devient encore plus précieux quand il est capable de produire de nouvelles idées en engageant les acteurs dans des actions qu’ils n’auraient jamais pu imaginer seuls. Cette dimension créative doit être poursuivie notamment en contribuant à l’élargissement de leur capacité à concevoir, en produisant une plus-value originale à leur projet. Au-delà de la mobilisation de compétences et de ressources supplémentaires pour la réalisation de projets communs, le travail en réseau doit surtout insuffler des dynamiques régénératrices, permettre de réinventer de nouvelles modalités de travail pour « faire ensemble autrement » et s’ouvrir à d’autres formes plus créatives d’implication et de contribution.

Un engagement dans l’innovation et l’expérimentation 

L’innovation et l’expérimentation, pour ne pas rester à un seul niveau déclaratif, obligent les acteurs du réseau des MJC à se détacher de leurs fonctionnements, de leurs habitudes et de leurs prérogatives habituelles. Elles apparaissent alors comme de véritables leviers à l’élargissement des pratiques, en ouvrant de nouveaux espaces d’engagement et d’expression des adhérents ou non adhérents des MJC. Elles procèdent nécessairement d’un suivi et d’une évaluation régulière afin d’analyser les différentes étapes de progression et de procéder à des réajustements. L’innovation et l’expérimentation apparaissent comme une priorité dans le sens où elles permettent de réinterroger autrement l’existant et d’envisager d’autres possibles.

Une autonomie des MJC dans un réseau unifié

Les comportements et les agissements d’une MJC dans son environnement proche (quartier, commune, intercommunalité, bassin de vie,…) ont des retentissements directs ou indirects sur le réseau élargi des MJC auquel elles appartiennent. L’image fédérale peut être aussi bien impactée positivement que négativement. L’autonomie de chaque MJC s’exprime toujours seule mais toujours en conscience (en responsabilité) d’être reliée à un même réseau et d’appartenir à un socle commun de valeurs.

La défense du fait associatif

Le fait associatif est un élément intégré et non connexe au projet des MJC. Ce n’est pas qu’une simple option pour justifier de l’existence administrative et juridique d’un groupe d’individus autour d’un objet commun. La première condition d’existence d’une MJC est sa vie démocratique interne en phase avec des valeurs d’éducation populaire qui affirment l’engagement collectif comme un terreau de formation et d’initiatives citoyennes. Il est primordial de soutenir toutes formes d’implication de personnes qui se mobilisent bénévolement au quotidien, en dehors de tous partis politiques, pour défendre un projet d’intérêt général.

Un partenariat affirmé avec les collectivités locales

Depuis qu’elles existent, les MJC ont toujours maintenu des liens conventionnels avec les collectivités locales (ou intercommunalités) qui les soutiennent dans la mise en œuvre et le développement de leur projet d’éducation populaire. Dans la volonté de contribuer à la vie sociale et culturelle des territoires, elles sont conduites à échanger, à négocier puis à définir avec des collectivités locales (ou des intercommunalités) le cadre et les conditions d’un conventionnement. Pour la Fédération régionale, la convention d’objectifs procure les meilleures garanties pour les collectivités publiques signataires tout en préservant les MJC dans leur capacité à innover et à générer du lien social. Considérant que les MJC ont toujours soutenu localement (et souvent depuis très longtemps) un projet d’utilité publique, cette forme de partenariat apparaît comme la plus adaptée et la plus reconnaissante du fait associatif. Elle s’oppose au principe de la commande publique qui tend à les reléguer dans un unique rôle de prestataire avec l’obligation de rentrer dans une logique de mise en concurrence.

La Fédération régionale défend l’idée d’un partenariat qui soit le résultat d’une co-construction entre acteurs concernés sans laquelle les MJC ne pourraient pleinement exercer leurs responsabilités et leurs missions d’animation d’un territoire. Il y a là un fort enjeu de contribution aux politiques territoriales d’éducation populaire et de jeunesse.

Le respect du cadre statutaire

Le projet et le fonctionnement démocratique des MJC sont en premier lieu régis par des statuts validés en assemblée générale avec l’accord préalable de la Fédération régionale. Les statuts des MJC, outre quelques spécificités liées à des contextes locaux, présentent une trame et des contenus similaires. Ils sont porteurs d’une exigence démocratique commune entre toutes les MJC du réseau Occitanie Pyrénées. Les statuts s’affirment ainsi comme des éléments clefs de leur identité associative et de leur projet politique en y intégrant l’indispensable référence à la déclaration des principes de la Confédération des MJC de France. D’un point de vue institutionnel et organique, celle-ci confirme et rappelle le principe de leur affiliation à la Fédération régionale qui les représente à un niveau confédéral et les met en lien avec l’ensemble des MJC du réseau national.

Cette dimension statutaire est un véritable atout pour les MJC qui réaffirment ainsi leur autonomie, leur appartenance à un réseau unifié et leur attachement à des valeurs d’éducation populaire au service de l’intérêt général. Autant de raisons qui motivent la Fédération régionale à veiller à la compréhension et au respect des statuts. Ce n’est pas tant pour s’assurer de leur bon enregistrement mais bien qu’ils puissent constituer des éléments cadres à la pratique démocratique quotidienne de chaque MJC.  

La pédagogie, un fil conducteur

La pédagogie nous rappelle son exigence chaque fois que nous décidons d’agir avec - ou en direction - d’autres personnes avec l’intention du partage, de la transmission, de la création, du changement et/ou de la transformation. Elle est, pour la Fédération régionale, le fil conducteur de l’ensemble de ses fonctions car elle est intimement liée à son projet politique. Que ce soit dans le domaine des ressources humaines, de la formation, de la communication, de l’accompagnement des MJC, de l’animation du réseau ou des relations avec les collectivités publiques et les partenaires institutionnels, son indispensabilité est constante.